Docteur Jean Hugues Maillochaud

Clinique de l'Europe, Rouen

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TRAITEMENT DES CANCERS COLO RECTAUX

Le traitement des cancers colo rectaux repose sur la chirurgie. En fonction du contexte (localisation sur le côlon ou le rectum, présence de métastases), l'intervention pourra être associée à une chimiothérapie et/ou une radiothérapie, pouvant être réalisée avant et/ou après la chirurgie.
 

Le côlon dessine un véritable cadre dans le ventre débutant à droite (là où se trouve l'appendice), montant sous le foie pour traverser l'abdomen, grimper sous les côtes à gauche (angle gauche) et redescendre jusqu'au sigmoïde (boucle en forme de S) et se continuer par le rectum qui s'ouvre à l'anus

Le côlon a pour fonction essentielle d'absorber eau et électrolytes rendant les matières fécales solides ("moulées"). L'activité bactérienne y est intense (production de gaz). Le rectum est un réservoir. Il retient les matières et les évacue lorsqu’il en reçoit l’ordre. 

 

Modalités de la chirurgie
L'exérèse chirurgicale reste le temps thérapeutique le plus constant de la prise en charge de ces patients. L’intervention consiste a enlever le segment colique ou rectal porteur de la tumeur et les ganglions lymphatiques, premiers sites de propagation du cancer, situés à proximité. Les deux extrémités du tube digestif sont réunies par une suture (couture) qui peu être réalisée manuellement à l’aide de fils ou mécaniquement à l’aide d’un agrafage. Après cicatrisation, le patient se retrouve avec un côlon légèrement plus court, mais qui fonctionne normalement.
 

Lorsque le tumeur siège sur le rectum, il faut parfois enlever la totalité ou la quasi-totalité du rectum tout en conservant l’anus. On réalise alors, si cela est indiqué et techniquement possible, un nouveau rectum à l’aide du côlon restant (réservoir colique).

 

Chez certains patients, on ne peut suturer les deux segments du côlon en même temps que l'ablation de la tumeur. On pratique alors une ouverture dans la paroi abdominale du patient pour y aboucher le côlon ou l’intestin grêle. Cette geste s'appelle une colostomie (pour le côlon) ou une iléostomie (pour l’intestin grêle). Une stomie dite « de protection » peut également être indiquée lorsque la suture entre les deux segments digestifs est à haut risque de désunion (suture entre le côlon et l’anus, confection d’un réservoir colique). Son but est de dériver transitoirement les selles le temps de la cicatrisation de la suture digestive. La plupart des stomies réalisées lors du traitement chirurgical du cancer du côlon ou du rectum ne sont pas permanentes. Les segments digestifs seront réunis lors d'une seconde opération, quelques semaines ou mois après la première intervention.

 

Lorsque la tumeur est située trop près de l’anus ou atteint l’anus, il est alors parfois nécessaire de supprimer l’anus. La colostomie sera alors définitive.

 

Lorsque la stomie (colostomie ou iléostomie) est présente, le patient doit porter une poche spéciale jetable, destinée à récolter les matières fécales. Ces poches sont parfaitement fixées et ne sont pas visibles sous les vêtements. Si vous devez avoir une stomie, une infirmière spécialisée vous indiquera comment changer la poche et comment soigner la peau à proximité de la stomie.



Radiothérapie externe
Cette technique thérapeutique est essentiellement indiquée dans les cancers du rectum. Son objectif est d'améliorer le contrôle local de la maladie en diminuant le risque de récidives. L'irradiation intéresse la région tumorale et les aires de drainage lymphatique. Le plus souvent, la zone irradiée correspond au pelvis. La dose administrée varie entre 40 à 50 grays en 20 à 25 fractions sur quatre à sept semaines selon sa place par rapport à la chirurgie. 


Chimiothérapie

 

Elle est le plus souvent réalisée après l'intervention (chimiothérapie adjuvante). Son but est de réduire le risque de récidive du cancer. Elle est proposée au patient lorsque l'examen au microscope de la tumeur met en évidence certains critères qui sont associés à ce risque de récidive. Il sagit le plus souvent d'une chimiothérapie d'une durée de 6 mois, avec une cue réalisée tous les quinzes jours. Elle est globalement bien tolérée même si certains effets secondaires sont invalidents (diarrhée, fourmillement au niveau des mains et des pieds, parfois perte des cheveux).